Historique de l'état-major de l'armée de Terre

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Historique de l'état-major de l'armée de Terre

Message  Admin le Lun 16 Juin - 21:35

Avant la guerre franco-allemande de 1870, l'administration centrale du ministère de la Guerre regroupe huit directions responsables de la gestion des personnels et des matériels de l'armée. Aucun organisme n'est chargé de préparer les opérations. Aussi doit-on improviser lorsque la guerre est déclarée.

* L'Etat-major du ministre (1871-1890)

La défaite de l'armée impériale fait apparaître cette carence. Pour y remédier, un arrêté du 8 juin 1871 crée un poste de chef d'état-major réduit pour préparer les opérations militaires et mener les études qui s'y rapportent.

L'ampleur de la tâche confiée à cet état-major amène son développement. Le décret du 12 mars 1874 le divise en six bureaux (organisation générale et mobilisation, statistique militaire, opérations et instruction, mouvements et service des étapes et des chemins de fer, correspondance générale, dont l'existence sera brève, dépôt de la guerre, qui disparaîtra en 1889), auxquels viennent s'ajouter au cours des années suivantes une section d'Afrique, une section historique et le service géographique.

Le décret du premier juin 1883 précise qu'à la mobilisation cet état-major se scinde en deux : une partie reste auprès du ministre et l'autre part aux armées pour former les états-majors des armées et le grand état-major général. L'affectation du chef d'état-major général du ministre en cas de conflit n'est pas indiquée.

* L'Etat-major de l'armée (1890-1940)

L'usage qui s'était établi de lier le sort du chef d'état-major général à celui du ministre instaure l'instabilité dans la préparation de la guerre. Pour supprimer ce danger, le décret du 6 mai 1890 précise sa vocation opérationnelle. En temps de paix, l'état-major général cesse d'être celui du ministre pour devenir celui de

l'armée. Son chef prend le titre de chef d'état-major général de l'armée ; en temps de guerre, il devient le major général du commandant en chef du groupe principal d'armées. De par les fonctions qu'il exerce en temps de paix, le chef d'état-major général est amené à mieux connaître les armées et les plans d'opérations que le commandant en chef désigné.

Cette anomalie cesse avec le décret du 28 juillet 1911. Le chef d'état-major général devient "la personnalité

militaire jugée la plus apte à exercer éventuellement, en cas de guerre, le commandement du principal groupe d'armées" (c'est alors le général Joffre).

Il est secondé par le chef d'état-major de l'armée, qui reste auprès du ministre en cas de mobilisation, et par

deux sous-chefs. Ils étudient ensemble "toutes les questions relatives à l'organisation générale de l'armée en vue de la guerre, à sa mobilisation et à sa concentration, à l'exclusion de toutes questions de personnel et de service courant". Comme prévu, lors de la mobilisation d'août 1914, l'EMA se scinde en deux : le CQG part aux armées, l'état-major proprement dit reste auprès du ministre.

Le 16 mai 1917, cette dernière fraction se divise à son tour en deux groupes, celui de l'avant traitant des questions relatives à la direction de la guerre et celui de l'intérieur étant responsable de l'entretien des forces.

Le retour à la paix ramène l'EMA à la situation antérieure au décret de 1911. Pendant l'entre-deux guerres, son organisation subit quelques modifications. La part prépondérante prise par les armements dans la conduite de la guerre entraîne la création d'une section de l'armement et des études techniques (7 janvier 1934). Un an plus tard le 17 janvier 1935, le général Gamelin se voit confier les mêmes responsabilités que le général Joffre en 1911.

Peu après, un troisième poste de sous-chef est créé. La répartition des tâches entre les trois sous-chefs varie à chaque mutation et tend ainsi à compliquer le fonctionnement d'un organisme dont l'effectif n'a cessé de croître.

En septembre 1939, comme en août 1914, l'EMA se scinde : l'EMA proprement dit reste auprès du ministre tandis que le CQG part aux armées ; mais son action sera gênée par des rivalités de personnes.

* De 1940 à nos jours

Après la période d'incertitude qui suit l'armistice de juin 1940, un état-major général "guerre" est formé à Alger, en 1943. Il ne comprend qu'un cabinet et les quatre bureaux qu'on trouve dans les états-majors des grandes unités depuis la grande guerre. Arrivé en métropole, il prend l'appellation

d'état-major de l'armée, de 1945 à 1948 ; une section moral-information (devenue par la suite 5ème bureau) est créée.

En 1948, il devient l'état-major général des forces armées "guerre". A l'occasion d'une modification de structure (création d'un bureau armement et études -ARMET- et d'un bureau "études générales"), il reprend son ancien nom d'état-major de l'armée en octobre 1951.

Avec la réorganisation de la défense nationale consécutive à la fin de la guerre d'Algérie, l'EMA devient en juillet 1962 l'État-Major de l'Armée de Terre, composé d'un cabinet et de cinq bureaux (études générales, 1er, 2ème, 3ème et 4ème bureaux). La réforme de 1973 donne à l'EMAT ses structures actuelles, mais sa mission demeure la même : préparer l'Armée de terre à la guerre qu'elle aura peut-être à mener demain.

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